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8.05.2013

VOLATILE










J'adore le fait d'être volatile. De n'être qu'à un endroit pour une soirée, et puis je m'évapore de nouveau. M'évaporer. Québec encore, pour une soirée déléctable. 

Un ami me voudrait avec lui quelques jours à Winnipeg.

Un autre est à San Francisco pour 6 semaines et j'aimerais aller lui rendre visite.
Une autre repart en France en Septembre et j'aimerais aller avec elle.
Un autre ami avec qui j'ai fais du pouce jusqu'à Halifax et moi aimerions aller au Nicaragua.
Un autre part en vacance en Allemagne et m'a demandé de l'accompagner.

Je voudrais pouvoir tout faire.

Je me suis payé des cours d'Espagnol. But numéro 1: être fluente d'ici un an.

But numéro 2: apprendre à jouer du piano.
But numéro 3: économiser, retourner à Montréal, à l'école, être temps partiel agent de bord.
But numéro 4: continuer la photo.

A goal without a plan is just a wish.

Pour ceux qui auraient peut-être remarqué, (en faite, c'est sûr que personne à remarqué) mon style de photo change avec le temps. Je n'édite plus les photographies que je prends autant qu'avant, je les laisse tels quels la plupart du temps, ne mettant qu'un vignettage peu apparent. J'aime beaucoup mieux, c'est plus vrai, plus naturel. C'est comme moi qui apprend à m'aimer de plus en plus, jour après jour. Mon nez trop gros, ma peau complexe, mon menton fessu et mes cheveux un peu sec. J'aime tout, on dirait que plus rien ne me dérange aujourd'hui. Si c'est sa vieillir, je veux avoir 80 ans aujourd'hui. 80 ans et pleins de belles rides de joies.

Je pensais m'en tirer à bon compte avec mon estime de soi, mais par moment je crois que la pensée et la réalité ne sont pas tout à fait miroir. Mais ça va. Parfois par contre, j'avouerais que c'est difficile avoir un coeur et d'aimer. Aimer des gens absents, des gens qui se foutent de toi, des gens qui ont mal et sont remplis de rancoeur, des gens impatients, méchants, arrogants, ne t'accordent aucun temps. Mais sans comprendre... ce sont ces gens là que j'aime.

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11.05.2011

LES FENÊTRES



VUE DE MA CHAMBRE D'HÔTEL / QUÉBEC, NOVEMBRE 2011

Quand je regardes à droite dans la fenêtre de ma chambre, j'y vois des arbres encore vert. Vert, même en novembre. Je me suis souvenu de la vue que j'avais, là-bas à l'Ouest. Je me plais à penser que je saurai si je suis au bon endroit juste en regardant à travers ces fenêtres.

Comme dans un mauvais film, je me retrouves à dormir la plupart du temps lorsque je ne travailles pas. Ma guitare se retrouve trop souvent seule dans son coin, la poussière s'accumule au gré des jours, ma folie s'étouffe dans le confinement d'une ville trop grande, trop bruyante. Je me retrouves de nouveau près de chez moi, seulement pour constater que je ne m'y sens plus à la maison. 

J'attends. J'ai posé les yeux sur une nouvelle direction. L'Alberta, pourquoi pas?

11.02.2010

JE ME SOUVIENS

"D'être née sous le lys, d'avoir grandis dans les roses."
LUI ET MOI, VILLE DE QUÉBEC / OCTOBRE 2010
J'ai pris l'avion pour la première fois le 19 octobre 2010. Direction, Québec. Direction ma famille, mes amis, ma vie depuis 21 ans. Si, dans ma tête, j'avais le sentiment d'être partie depuis des siècles, en réalité il ne s'agissait que de quelques mois à peine. La déception me guêtait, j'attendais avec impatience des accolades chaleureuses et des "tu m'as tellement manqué" avec un peu trop d'enthousiasme. J'ai vite compris que peu importe le temps qui passe lors d'un départ et son arrivée, il n'y a que quelques secondes qui ressentent la distance qui fut. Après ses quelques secondes, c'est comme si tu n'étais jamais partie et tout redevient comme avant.

Tellement de choses se sont passés depuis ces quelques derniers jours, je n'ai même pas fêté Haloween. Je n'avais pas beaucoup de temps et tellement de gens que j'avais envie de voir. J'ai passé le plus clair de mon temps à conduire d'une ville à l'autre comme une poule sans tête. Et parfois, l'envie d'être seule me faisait tellement rage que j'en étais déplaisante envers lui. Personne ne peut réellement comprendre et je n'ai pas envie de m'expliquer.

Il y a eu l'excellent souper que j'ai eu la chance d'avoir avec ma mère, son trésor, mes frères, ma belle soeur, ma nièce, mon oncle et ses enfants. Il y a aussi eu le souper avec mon père, sa douce moitié, ses enfants, mes grands-parents et la guitare. Quelle plaisir j'ai ressentis en chantant pour eux... J'ai pu voir Enrico le temps d'un déjeuner, j'ai pu voir Steve le temps d'un câlin. Sylvie, pour son anniversaire. Tommy et Tiger pour un Doolys, comme avant. Mes belles Claudie et Marie-Ève le temps d'un thaï, d'une bière et de quelques larmes partagées... Félix et ses pensées brumeuses, Francine, le temps d'un café... Et tout ça m'a seulement donné envie de passer une journée entière avec chacun d'eux. Pleurer est cependant moins tentant en sachant que peut-être, certains viendront me voir ici au printemps prochain, lorsque les cerisiers seront en fleurs.

10.24.2010

L'AUBERGE


VIEUX QUÉBEC, AUTOMNE 2010
J'ai fais un rêve. Dans mon rêve, je mourrais.

"J'étais assise au volant de son camion bruyant, j'étais seule à une intersection, j'ai reculé pour laisser passé un véhicule qui s'en venait en sens inverse. Derrière moi il y avait cet immense ravin, l'auto à basculé. Dans ma chute, j'ai ressentis mon coeur se soulever, comme dans un manège. Au début de ma chute, je me souviens clairement avoir ressentis de la peur, puis, après un moment, je me suis vu sourire. Sourire en sachant qu'à cette hauteur, je ne souffrirais pas, que je mourrais sur le coup. Et puis, un fondue blanc. Des ambulances, mon cadavre dans un sac de plastique bleue, des êtres chers, moi, contemplant sans expression ce qui devait être une scène tragique. J'ai vu les gens auxquels je tiens, leur réaction en apprenant mon décès. J'ai vu mon amour passé couché sur un canapé, le regard vide d'incompréhension, les yeux vitreux. Je me suis vu moi, lui caresser les cheveux et lui dire que c'était mieux comme ça, lui sourire, même en sachant que c'était inutile. Ensuite, plus rien.

Je me suis vu marchant dans une foule où seule une femme a posé son regard sur moi. Je l'ai dévisagé à mon tour, lui demandant pourquoi elle me voyait, qu'elle n'était pas censé pouvoir me voir, que j'étais décédé dans un accident. Elle détourna ses yeux de moi et se mêla à la foule."

En me réveillant dans la chambre de l'auberge, je ne m'étais jamais sentie aussi bouleversé. J'ai pleuré sans savoir pourquoi. J'ai pleuré en repensant à ce sourire, celui que je fis dans mon rêve en sachant que j'allais mourir. Si sereine, devant la mort. Je lui ai dis que je voulais quitter la chambre. Toute la journée durant, j'ai cherché à l'interpretter. C'était la première fois que je me voyais vraiment mourir dans un rêve. J'ai trouvé, dans un livre, une interprétation qui pourrait s'avérer vrai... La voici:

" Dans la vie onirique, nous mourons parfois physiquement; c'est l'annonce que l'âme se détache soit d'une manière de penser, de vivre, d'aimer, de travailler. [...] Mourir, c'est redécouvrir une nouvelle façon de vivre, d'aimer. Mourir, c'est parfois se détacher, c'est parfois renaître. [...] Mourir, c'est une fois de plus jeter par terre un voile obstruant la lumière. " LE RÊVE ET SES SYMBOLS, MARIE COUPAL, ÉDITIONS DE MORTAGNE


Ma tête... Qu'essais-tu de me dire...?